Posté par Isabelle le Lundi 13/05/2019 à 14:00
Vers une meilleure compréhension de l’anatomie cérébrale dans le trouble du spectre de l'autisme
Une étude pourrait mener à la mise au point de biomarqueurs et de traitements personnalisés

Les sujets qui présentent un trouble du spectre de l’autisme (TSA) sont souvent amalgamés dans un seul et même groupe, bien qu’ils exhibent des différences significatives sur le plan des symptômes et de la gravité de leur trouble. Bon nombre d’études sur le sujet ont donné des résultats significativement différents, ce qui brouille davantage les pistes lorsque vient le temps de comprendre et de traiter le TSA.

Or, une étude récemment publiée dans Molecular Psychiatry a entrepris de régler quelques‑uns des désaccords au chapitre de l’anatomie cérébrale dans le TSA. Dirigée par des chercheurs de la faculté de médecine de l’Université McGill et de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas, l’étude repose sur une importante base de données.

"Les résultats les plus importants de notre étude portent sur les différences observées quant aux sources de l’hétérogénéité", affirme le Dr Mallar Chakravarty, professeur adjoint au département de psychiatrie de l’Université McGill et auteur en chef de l’étude. "Par exemple, il existe des théories de longue date selon lesquelles les filles qui présentent un TSA doivent avoir un fardeau de risque plus élevé avant de manifester des symptômes. Selon nos données, le cortex est plus volumineux et plus épais chez la plupart des patients qui ont un TSA, mais chez les filles, il est encore plus épais, et associé plus étroitement à la gravité des symptômes."

L’une des études les plus vastes en son genre

Pour parachever leur étude, les chercheurs ont fait appel à différentes sources, dont les données publiques du consortium ABIDE. Ils ont en outre eu accès aux données issues d’une collaboration internationale d’envergure consacrée à l’étude des variations anatomiques cérébrales dans le TSA, qui réunit un hôpital du Canada (SickKids® de Toronto), un institut des États‑Unis (National Institute of Mental Health) et deux établissements du Royaume-Uni (University of Cambridge et King’s College).

Grâce à l’imagerie par résonance magnétique (IRM), les chercheurs ont été en mesure d’examiner l’anatomie cérébrale de 1327 sujets neurotypiques ou autistes, ce qui fait de cette étude l’une des plus vastes en son genre. "Dans le cadre de notre projet, nous avons observé que la différence entre l’anatomie corticale d’un sujet TSA et celle d’un sujet dont le développement est normal n’est pas statique", explique le Dr Chakravarty, qui est également spécialiste en neurosciences computationnelles au Centre d’imagerie cérébrale de l’Institut Douglas. "Fait important, les grandes différences que l’on peut observer au chapitre de la symptomatologie, de la gravité des symptômes, des capacités cognitives, de l’âge et du sexe tiennent toutes aux différences cérébrales observées dans le TSA seul."

Autre fait à noter, les chercheurs ont découvert que les différences corticales les plus prononcées s’observent chez les enfants les plus jeunes de même que chez ceux qui présentent les capacités cognitives les plus faibles, comme en témoigne leur quotient intellectuel.

Les prochaines étapes

Pour la suite des choses, les chercheurs espèrent obtenir un profil encore plus détaillé des sources de l’hétérogénéité, y compris l’examen des différents types de symptômes - ou la création de sous-groupes en fonction des symptômes - et les enjeux médicaux concomitants. Ils envisagent également de recourir à des techniques novatrices pour examiner l’origine des modifications de la variabilité corticale au niveau de la microstructure.

Au dire des chercheurs, cette étude est prometteuse pour l’avenir. "La démonstration d’une variation du développement cérébral en fonction de différents facteurs connus, comme l’âge, le sexe et les capacités cognitives, porte à croire que certains de ces facteurs devraient être pris en compte lors d’études futures et, éventuellement, dans le diagnostic et le traitement du TSA", de noter Saashi Bedford, étudiante diplômée de McGill qui travaille de concert avec le Dr Chakravarty et auteure principale de l’étude.

"Large-scale analyses of the relationship between sex, age and intelligence quotient heterogeneity and cortical morphometry in autism spectrum disorder", par Saashi A. Bedford et al.; étude publiée en ligne dans Molecular Psychiatry le 26 avril. https://doi.org/10.1038/s41380-019-0420-6
Dernières news
Dans leur vie quotidienne, les humains utilisent des mots qui désignent des objets, des personnes, des situations ou des concepts: on appelle cela la référence....
La leishmaniose cutanée, causée par plusieurs espèces de parasites Leishmania, entraîne l’apparition de lésions localisées sur la peau et les muqueuses, pouvant...
Les neurones sont connectés entre eux par des synapses. L’efficacité de la transmission synaptique est modifiée dans les compartiments pré- ou/et post-synaptiques...
Les comètes issues des confins du Système solaire auraient pu jouer un rôle clef dans l’émergence des océans sur Terre. En bouleversant les critères d’étude...
Des simulations numériques révèlent que le phénomène de localisation d’Anderson, qui se manifeste dans le transport quantique, vérifie à deux dimensions et à...
Une étude internationale vient de démontrer pour la première fois l’existence d’un engramme, trace biologique de la mémoire, constitué de neurones...
Les fibres amyloïdes, des agrégats protéiques qui s’accumulent dans le cerveau sous forme de plaques dans certaines maladies neurodégénératives, peuvent être...
Les hausses des températures estivales observées dans les déserts polaires du Haut-Arctique canadien entraînent des changements rapides dans le sol. Une étude de...
Des scientifiques de l’Université de Montréal et de l’Université McGill ont conçu et testé une nouvelle méthodologie génomique qui a permis de révéler la...
L'imagerie stéréoscopique, fournie par nos deux yeux, nous donne une vision "en relief" des objets qui nous entourent. A l'aide d'impulsions laser harmoniques dans le...
La poussière minérale (du désert) présente dans l’atmosphère terrestre influence le climat de la planète, et ce depuis des millions d’années. Des...
Malgré les progrès récents en imagerie cérébrale, la représentation du monde visuel par le cerveau reste encore largement méconnue. En utilisant une nouvelle...
Cristaux poreux boostés par des liaisons chimiques fortes, les covalent organic frameworks (COF) accueillent de nouveaux membres dans leur famille grâce à des...
Les chercheurs ont identifié un locus produisant un long ARN non-codant spécifiquement exprimé dans les myofibroblastes, principales cellules effectrices de la...
La jeune entreprise VISUM, basée à Dublin, a dévoilé un système permettant d’améliorer le contrôle de la qualité au cours du processus de fabrication des...
Depuis l’incendie du 15 avril, de nombreux scientifiques ont proposé leur expertise pour la restauration du monument. Entretien avec Philippe Dillmann et Martine...
Les nanomatériaux bidimensionnels à base de carbone (type graphène) ou de nitrure de bore, réputés pour être chimiquement inertes, montrent en fait une...
Les poissons cichlides forment l’une des familles de vertébrés les plus diversifiées et ils constituent un modèle de référence en biologie évolutive de...
Deux chercheurs ont développé une nouvelle méthode pour multiplier les très grands nombres. Une avancée potentiellement historique pour...
Le 23 mai, la goélette de la Fondation Tara Océan quittera Lorient pour une expédition de six mois sur les fleuves européens. À son bord, une quarantaine de...
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL
sous le numéro de dossier 1037632
Informations légales