Adrien - Jeudi 15 Janvier 2026

🍻 Le syndrome d'auto-brasserie: quand notre corps fabrique lui-même de l'alcool jusqu'à l'ivresse

Connaissez-vous cet étrange phénomène qui conduit certaines personnes à ressentir les effets de l'ivresse sans avoir consommé la moindre boisson alcoolisée ?

Cette condition, appelée syndrome d'auto-brasserie, voit des microorganismes intestinaux transformer les aliments en éthanol. Une recherche récente a précisé quelles bactéries et quels mécanismes biologiques sont en cause, offrant de nouvelles pistes pour affiner le diagnostic et la prise en charge.


Image d'illustration Unsplash

Cette affection rare demeure largement méconnue, ce qui entraîne souvent des années d'erreurs de diagnostiques. Les patients subissent alors des épisodes d'intoxication alcoolique en l'absence de toute consommation, avec des conséquences potentielles sur leur bien-être, leur vie relationnelle et parfois même avec la loi. La complexité des tests et une formation parfois insuffisante des soignants rendent la détection de ce trouble particulièrement ardue.


Pour approfondir la connaissance de ce syndrome, une équipe a comparé le microbiote intestinal de patients, de leurs conjoints non affectés et de participants en bonne santé. Les analyses ont montré que les échantillons de selles des patients généraient des quantités d'éthanol bien plus importantes lors des périodes symptomatiques. Cette découverte indique la possibilité de mettre au point un test diagnostique simple, fondé sur l'analyse des selles.

Les travaux ont également permis d'observer que certaines bactéries, notamment Escherichia coli et Klebsiella pneumoniae, paraissent occuper une place centrale dans cette production d'alcool interne. Durant les phases de crise, les patients présentent aussi des niveaux accrus d'enzymes associées aux voies de fermentation. Néanmoins, identifier avec exactitude les micro-organismes responsables chez chaque individu constitue encore une procédure longue et minutieuse.

Un cas clinique a démontré l'utilité potentielle de la transplantation de microbiote fécal. À la suite de ce traitement, un patient a bénéficié d'une amélioration durable de ses symptômes, les rechutes étant liées à des modifications de sa flore bactérienne. Une seconde transplantation, couplée à un prétraitement antibiotique distinct, a ensuite permis une rémission dépassant seize mois, illustrant le bénéfice que pourrait apporter cette approche.

Ces résultats pourraient donc simplifier le diagnostic et inspirer de nouvelles options thérapeutiques.

L'article, publié dans Nature Microbiology, est le fruit du travail de scientifiques issus de plusieurs institutions. Il participe à une connaissance plus fine des interactions entre notre flore intestinale et notre état de santé, en démontrant comment certains déséquilibres peuvent provoquer des effets aussi surprenants qu'une intoxication à l'éthanol sans consommation d'alcool.
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