Uranus présente des caractéristiques singulières, comme son axe de rotation incliné et son champ magnétique décalé. Ces particularités en font un objet d'étude de choix pour saisir la formation des planètes, d'autant que des exoplanètes aux traits semblables sont régulièrement identifiées dans notre galaxie.
Se rendre jusqu'à Uranus pour l'étudier de près représente un enjeu de taille en raison de son éloignement. Située à une distance considérable du Soleil, elle nécessite de nombreuses années de voyage, comme l'a démontré la sonde Voyager 2 il y a quarante ans. Les missions planifiées doivent souvent compter sur l'assistance gravitationnelle d'autres planètes, ce qui réduit le nombre de fenêtres de tir et allonge le trajet.
Le développement récent du Starship, le lanceur géant de SpaceX et le vaisseau du même nom, change la donne. Grâce à sa capacité de charge accrue et la possibilité de se ravitailler en orbite, ce système pourrait réduire drastiquement le temps nécessaire pour rejoindre Uranus.
Une idée novatrice, présentée dans une publication du
IEEE Aerospace Conference, consiste à utiliser le Starship lui-même (ici Starship désigne l'engin spatial, et non pas le lanceur complet) comme bouclier thermique pour un aérofreinage dans l'atmosphère d'Uranus. Cette approche permettrait de ralentir la sonde sans recourir à d'autres manœuvres, en exploitant la conception du vaisseau déjà adaptée aux rentrées atmosphériques sur Terre.
Selon les calculs, la combinaison du ravitaillement orbital et de l'aérofreinage avec le Starship permettrait de diviser par deux la durée du voyage, le ramenant à environ six ans et demi. Cela abaisserait les coûts opérationnels et les risques liés à une mission de longue durée, tout en évitant le besoin d'assistances gravitationnelles supplémentaires pendant le trajet.
Image d'Uranus et de ses anneaux obtenue par le télescope spatial James Webb.
Crédit: NASA
Des incertitudes demeurent encore quant au financement et à la planification de cette mission. Les fenêtres de lancement dans les années 2030 sont déterminantes: même si le Starship permet un trajet plus direct, un bon positionnement planétaire est toujours indispensable pour la mission. Un retard pourrait reporter l'exploration d'Uranus de plusieurs décennies, laissant cette planète encore méconnue pour les générations à venir.