Adrien - Samedi 11 Juillet 2026

🚀 Le premier satellite nucléaire commercial a été placé en orbite

L'énergie nucléaire dans l'espace n'est plus réservée aux seules agences gouvernementales. Un petit satellite commercial, le BOHR, vient tout juste de rejoindre l'orbite terrestre à bord d'une fusée SpaceX Falcon 9 avec la mission Transporter-17. Ce cubesat, conçu par City Labs, marque une première: il embarque une source d'énergie atomique capable de fonctionner sans lumière solaire.


Décollage de la mission Transporter-17 avec le satellite BOHR.
Crédit: SpaceX

Contrairement aux générateurs thermiques des sondes Voyager, qui utilisent la chaleur du plutonium, le NanoTritium de City Labs capte les électrons émis par la désintégration du tritium. Un semi-conducteur transforme ces particules bêta en électricité, offrant une puissance continue sans dépendre du Soleil. Pour l'instant, le satellite BOHR ne s'alimente pas réellement avec cette technologie: il teste sa fiabilité en orbite, tandis que ses opérations courantes reposent encore sur des panneaux solaires.


Cette mission de démonstration ouvre la voie à des engins capables d'explorer des zones d'ombre permanente, comme les cratères du pôle sud lunaire. La NASA, avec le programme Artemis, cible cette région pour installer une base durable. L'eau glacée présente pourrait être extraite comme ressource, mais l'absence de lumière pendant deux semaines, voire permanente au fond des cratères, impose une source d'énergie autonome. City Labs voit dans le tritium une solution compacte et sûre pour alimenter de futures installations.

Un atout majeur du tritium est sa faible radioactivité: on n'est pas ici en présence d'atomes lourds comme l'uranium ou le plutonium, mais d'un simple isotope de l'hydrogène, le plus léger qui existe. Les systèmes de City Labs sont conçus pour être manipulés sans danger, transportés et intégrés dans des lanceurs commerciaux standards. La société précise que la technologie est déjà certifiée pour un déploiement réglementaire. Le satellite BOHR a d'ailleurs été autorisé par la FAA, une première pour un engin nucléaire commercial.

Ce projet, financé par un contrat du Département de la Défense américain, pourrait accélérer l'adoption de l'énergie nucléaire dans les missions spatiales privées et militaires. Le PDG de City Labs, Peter Cabauy, a déclaré que ce vol démontre que des systèmes nucléaires compacts et approuvés sont prêts pour un usage commercial courant. L'avenir de l'exploration spatiale pourrait bien reposer sur ces mini-centrales atomiques.
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