Posté par Isabelle le Mercredi 21/08/2019 à 14:00
Des pratiques parentales positives en bas âge pourraient prévenir les symptômes du TDAH chez l’enfant

Les auteures de l'étude ont examiné le lien entre le parentage positif des mères lorsque leur enfant avait quatre ans, ainsi que le contrôle inhibiteur de l'enfant, afin de prédire les symptômes du TDAH à l'âge de sept ans. Crédit: Getty
Des études ont montré qu’il est possible d’atténuer les manifestations du trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) chez l’enfant en adoptant des pratiques parentales positives, comme encourager son enfant, le rassurer, structurer ses tâches et, bien sûr, lui donner de l’affection.

Toutefois, peu d’études ont mesuré l’effet d’un parentage positif combiné avec la capacité d’un enfant à réprimer ses comportements inadéquats ‒ aussi appelé contrôle inhibiteur ‒ sur l’évolution des symptômes de ce trouble.

C’est précisément ce qu’a cherché à démontrer Charlie Rioux, diplômée du Département de psychologie de l’Université de Montréal, avec sa collègue Julie Murray, de l’École de psychoéducation. Et ce qu’elles ont découvert pourrait permettre d’élaborer des interventions plus ciblées pour prévenir l’apparition et l’exacerbation de ces symptômes.

L’étude a été menée sous la direction de Natalie Castellanos Ryan et Jean Séguin, professeurs à l’Université de Montréal et chercheurs au CHU Sainte-Justine, ainsi que de Sophie Parent, professeure à l'UdeM.

Un suivi sur sept ans


Charlie Rioux Crédit: Amélie Philibert
Leur étude, qui vient d’être publiée dans la revue scientifique Development and Psychopathology, repose sur des données recueillies auprès de 195 mères de la région de Montréal. Celles-ci ont répondu à un questionnaire de la première année de l’enfant, soit dès l’âge de cinq mois, jusqu’à ses sept ans.

Les chercheuses ont examiné le lien entre le parentage positif des mères lorsque leur enfant avait quatre ans et le contrôle inhibiteur de l'enfant à six ans dans la prédiction des symptômes du TDAH à l'âge de sept ans.

«Nous avons mesuré le parentage positif par l’observation de l’interaction entre les mères et leur enfant au cours d’activités où ils devaient accomplir certaines tâches, comme lire ou faire un dessin par numéros», mentionne Charlie Rioux.

Un effet combiné positif pour les enfants

Les résultats indiquent que le parentage positif, évalué lorsque l’enfant a quatre ans, est fortement associé à de plus faibles symptômes du TDAH à l’âge de sept ans. Mais le lien est plus fort lorsque l’enfant a un plus grand contrôle inhibiteur à l’âge de six ans.

Selon Mmes Rioux et Murray, cette relation pourrait s’expliquer par le fait que les enfants qui ont un meilleur contrôle inhibiteur sont davantage en mesure de porter une plus grande attention aux gestes de leurs parents et, de ce fait, seraient plus influencés par une rétroaction positive de leur part.

À l’inverse, les enfants ayant un plus faible contrôle inhibiteur et dont la mère avait moins de pratiques parentales positives manifestaient des symptômes du TDAH plus prononcés.

«Nos résultats montrent qu’une intervention qui ciblerait les pratiques parentales positives pourrait réduire ou prévenir les symptômes du TDAH, soutient Charlie Rioux. Toutefois, pour les enfants dont le contrôle inhibiteur se révèle plus faible, les interventions sur les pratiques parentales devraient être combinées avec une intervention visant les capacités inhibitrices de l’enfant.»

Des interventions à privilégier

Les auteures de l’étude estiment que, en améliorant les capacités inhibitrices de l'enfant, celui-ci pourrait devenir plus réceptif aux pratiques parentales positives, «ce qui pourrait dès lors freiner ou empêcher le développement des symptômes du TDAH».

À ce chapitre, selon certaines études, des programmes d’activité physique semi-structurés ‒ tel un cours d’éducation physique ‒ pourraient permettre d’améliorer le contrôle inhibiteur chez les enfants.

Pour ce qui est des interventions à privilégier pour améliorer le parentage positif, plusieurs voies s’offrent aux parents qui disent éprouver de la difficulté à adopter ces pratiques.

«Il existe des programmes à cet effet ‒ comme au CHU Sainte-Justine, dans les CLSC ou les organismes communautaires - et il est aussi possible de consulter un psychoéducateur, un psychologue ou encore des livres d’experts sur le sujet», signale Charlie Rioux.

Selon elle, l’important est de viser de meilleures pratiques parentales, sans toutefois tomber dans la quête de la perfection.

«Personne n’est parfait et l’important est de chercher à améliorer ses compétences sur une échelle continue, rassure-t-elle. L’idée est de favoriser davantage de pratiques parentales positives qui, lorsqu’elles sont utilisées la plupart du temps, sont associées à moins de symptômes du TDAH.»
Dernières news
Installée en Allemagne et après seulement 23 jours de collecte de données, l’expérience KATRIN améliore déjà les erreurs de mesure des expériences...
Quel a été l’impact des réchauffements et refroidissements climatiques passés ? Une étude publiée dans la revue Ecology Letters impliquant des chercheurs de...
En combinant épidémiologie, modélisation mathématique et enquête historique, des chercheurs genevois et français confirment la longévité exceptionnelle de Jeanne...
Le télescope VISTA de l’ESO révèle une remarquable nouvelle vue du Grand Nuage de Magellan, l’un de nos plus proches voisins galactiques. VISTA a observé cette...
Mêmes atomes, mais formes différentes, certains produits avec une formule chimique identique présentent des propriétés parfois divergentes: une molécule pouvant...
À quel point pouvons-nous approximer un nombre irrationnel typique, comme Pi, par une fraction ? Cette question est loin d’être nouvelle en mathématiques, mais la...
La communauté internationale en climatologie est engagée dans un important exercice de simulations numériques du climat, passé et futur. Ses conclusions...
Les microtubules font partie du squelette des cellules. Des chercheurs de l'Irig montrent que les défauts dans leur structure s'avèrent utiles pour leur...
Du feu de bois au charbon, la combustion du carbone est une réaction omniprésente qui reste pourtant difficile à étudier. Des chimistes du Centre de Recherche Paul...
Une équipe internationale impliquant des chercheurs de l’Observatoire de Paris - PSL détecte des nuages moléculaires dans une galaxie située à 8 milliards...
Des chercheurs du Laboratoire plasma et conversion d'énergie, du Laboratoire d'optique appliquée et leurs collègues américains ont identifié une nouvelle...
Une collaboration entre l'Irfu et l'Université de Florence (Italie) est parvenue à réaliser la tomographie muonique d'un objet à partir de seulement trois prises de...
Des chercheurs du Laboratoire de chimie de coordination à Toulouse (CNRS) et de l’Institut des sciences chimiques de Rennes (CNRS/Université de Rennes 1/INSA...
La première campagne dédiée à l'observation directe d'exoplanètes a visé l'étoile Alpha du Centaure A depuis l'Observatoire austral européen (Chili). Elle...
L’infertilité touche de plus en plus de couples, et reste malgré tout difficile à étudier en raison de sa complexité. Récemment, une équipe de chercheurs de...
Deux semaines seulement après le lancement d’une expédition scientifique au large de la Guyane, les équipes de Greenpeace (1), en collaboration avec les chercheurs...
Plusieurs chercheurs du LSCE ont contribué au rapport spécial du Giec publié le 8 août 2019, consacré aux interactions entre terres émergées et climat. Cette...
Tous les êtres vivants ne perçoivent pas les mêmes conditions climatiques que celles mesurées par nos postes météorologiques situés à découvert et exposés aux...
Destinée aux télescopes Tcherenkov de CTA (Cherenkov Telescope Array), la caméra prototype NectarCAM développée par l'Irfu et ses partenaires a enregistré sa...
Une équipe de recherche internationale a élaboré une stratégie permettant de prédire les effets cliniques possibles de nouvelles molécules thérapeutiques à...
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL
sous le numéro de dossier 1037632
Informations légales