Cédric - Samedi 10 Janvier 2026

💀 Et si notre ancêtre venait du Maroc, et non d'Europe ?

Des restes humains, exhumés près de Casablanca, pourraient appartenir à l'ancêtre que nous avions en commun entre les Homo Sapiens, les Néandertaliens et les Dénisoviens. Cette découverte déplace l'origine potentielle de notre histoire, démontrant que ces candidats potentiels occupaient déjà le nord-ouest du continent africain précisément à cette période.

L'étude, publiée dans la revue Nature, s'est concentrée sur des fossiles récupérés sur le site de la Grotte à Hominidés, localisée dans la carrière Thomas I. Ces vestiges (des vertèbres, des dents et des fragments de mâchoires), ont livré leur secret grâce à une méthode de datation d'une précision remarquable. Les premières analyses révèlent que cette population a vécu il y a 773 000 ans, c'est à dire juste avant la période de séparation qui a donné lieu à la naissance d'un côté à la lignée de l'homme moderne, et de l'autre à celle de nos cousins dénisoviens et néandertaliens.


Mandibule, dents et vertèbres extraites.
Échelle: 5 cm.


Une fenêtre chronologique d'une précision exceptionnelle



La datation a été possible car les sédiments qui renfermaient ces fossiles avaient gardé une trace de la dernière inversion majeure du champ magnétique terrestre (une inversion des pôles magnétiques connue sous le nom d'inversion Matuyama-Brunhes). Il a ainsi été possible de certifier que les hominines étaient présents lors de ce phénomène géophysique. Cette aide s'est avéré précieuse car les repères chronologiques précis sont difficiles à établir pour cette période du Pléistocène.

Jusqu'à présent, notre ancêtre commun était considéré comme étant Homo antecessor. Ses fossiles, découverts en Espagne, avaient été datés à environ 800 000 à 950 000 ans. Mais cette récente découverte au maroc révèle qu'il y a près de 800 000 ans, au moins deux populations humaines morphologiquement distinctes évoluaient en parallèle, l'une dans le sud-ouest de l'Europe, l'autre dans le nord-ouest de l'Afrique, alors que le dernier ancêtre commun à toutes les lignées humaines plus récentes venait tout juste d'exister.

L'analyse des fossiles, notamment par micro-tomodensitométrie, a révélé des traits à la fois modernes et primitifs. En effet, la morphologie dentaire présente des similitudes avec celle observée plus tard chez Homo sapiens et les Néandertaliens. En revanche, la forme générale de la mandibule demeure plus archaïque, évoque celle d'Homo erectus.

Un nouvel acteur dans le scénario des origines africaines


Jusqu'alors, aucun fossile africain n'avait été daté à cette période charnière. La communauté scientifique s'accordait donc à considérer que notre origine était eurasiatique suite aux découvertes de fossiles d'Homo antecessor. Toutefois désormais, on sait qu'une population aux caractéristiques plausibles pour être à la base de notre lignée, a bien été présente en Afrique à cette période.


Il convient toutefois de rester prudent quant à l'interprétation de ces résultats. Ils n'affirment pas que ces hominines sont les ancêtres directs de l'homme moderne. Ils décrivent plutôt une population qui pourrait être très proche de la racine de notre arbre généalogique.

Cette configuration renforce l'idée d'une diversification précoce du genre Homo à travers l'Ancien Monde, avec des foyers évolutifs multiples et interconnectés. Le Maghreb, avec ses séquences archéologiques riches et continues, apparaît de plus en plus comme une région-clé pour comprendre les dynamiques qui ont finalement conduit à l'émergence de notre espèce sur le continent africain, bien plus tard, il y a environ 300 000 ans.
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