Une nouvelle étude géologique remet les pendules à l'heure sur la formation de la cordillère des Andes.
Des travaux publiés dans
Earth and Planetary Physics indiquent que les principaux épisodes de collision entre les plaques tectoniques se seraient produits plus tôt que les modèles ne l'avançaient, modifiant ainsi notre lecture de l'évolution de cette imposante chaîne de montagnes.
Image d'illustration Unsplash
Pour parvenir à ce constat, des scientifiques se sont penchés sur des roches volcaniques anciennes situées dans le nord de la Colombie. Ces formations, datant du Miocène supérieur et vieilles de 12 à 6 millions d'années, constituent un enregistrement des forces qui ont modelé la région.
L'équipe a employé une analyse de la "fabrique magnétique" (voir ci-dessous) pour reconstituer ce passé. Cette méthode examine l'orientation des minéraux magnétiques dans les roches, ce qui permet de différencier les structures d'origine volcanique des déformations ultérieures causées par les mouvements des plaques.
Les résultats sont éloquents: de nombreuses roches possèdent leur fabrique magnétique d'origine, liée au mouvement du magma ou aux écoulements volcaniques. Par conséquent, l'altération tectonique durant le Miocène supérieur apparaît faible, ce qui indique que la phase intense de collision continentale s'était pour l'essentiel achevée avant cette période.
Ce recalage temporel ajuste les modèles actuels sur la genèse des Andes. Il permet de mieux comprendre comment les interactions entre plaques ont sculpté les paysages et démontre, par la même occasion, l'intérêt des méthodes magnétiques dans les environnements volcaniques pour retracer l'histoire géologique.
Les formations terrestres pointées par les flèches correspondent à d'anciennes roches magmatiques intrusives, témoins potentiels d'un volcanisme actif dans le nord des Andes il y a 10 à 20 millions d'années.
Crédit: Beijing Zhongke Journal Publishing Co. Ltd.
Cette approche pourrait trouver des applications dans d'autres régions montagneuses. Elle trace une voie pour des travaux comparables visant à comprendre les processus tectoniques à l'échelle du globe.
L'analyse de la fabrique magnétique
Cette technique géophysique repose sur l'étude de l'alignement des minéraux magnétiques dans les roches. Lorsque des roches volcaniques se forment, leurs minéraux s'orientent en fonction des conditions du moment, comme la direction de l'écoulement du magma. En scrutant cette orientation, les chercheurs peuvent établir si la roche a été déformée par des forces tectoniques après sa solidification.
La fabrique magnétique fonctionne comme une empreinte laissée par les événements géologiques. Une orientation uniforme et cohérente reflète généralement le processus volcanique initial. À l'inverse, des distorsions ou des réorientations signalent une modification postérieure, souvent due à des mouvements de plaques ou à des collisions continentales.
Cette méthode est particulièrement efficace dans les zones volcaniques, où les roches se refroidissent rapidement, préservant ainsi des instantanés précis. Elle aide à dater les phases de déformation et à mieux comprendre l'enchaînement des événements tectoniques, offrant ainsi un outil complémentaire aux autres techniques géologiques.
Concrètement, l'analyse exige des échantillons soigneusement collectés et mesurés en laboratoire. Les données recueillies contribuent à reconstruire les histoires passées, comme celle de la formation des Andes, en livrant des indices sur la chronologie et l'intensité des forces impliquées.