Posté par Redbran le Mardi 04/10/2022 à 09:00

DART: l'impact sur l'astéroïde vu par James-Webb, Hubble et plusieurs télescopes terrestres

Les photos de la sonde spatiale DART, juste avant qu’elle ne percute son astéroïde, ont impressionné. Et même s’il ne s’agissait que d’une petite sonde percutant un petit astéroïde, les astronomes rivés derrière leurs télescopes, à 11 millions de kilomètres de là, ont également été impressionnés.

La toute dernière photo complète envoyée par DART avant l’impact sur l’astéroïde Dimorphos

La première image est venue lundi, quelques heures à peine après l’impact, du projet ATLAS, un télescope en Afrique du Sud. On y voit, littéralement, une explosion: alors que l’astéroïde Didymos passe dans le champ de l’image, se produit ce qui ressemble à un énorme éclat de lumière: c’est l’impact.


Didymos n’est pourtant même pas le lieu de l’impact. Cet astéroïde d’environ 800 mètres de large est accompagné d’une lune, Dimorphos, qui était la cible de DART. Faisant à peine 160 mètres de large, cette lune est trop petite pour être vue sur l’image. Mais la violence de l’impact a été suffisante pour produire un nuage de débris -et c’est ce qui donne cet éclat de lumière: en quelques minutes, la brillance a été multipliée par 10, résultat des rayons du soleil qui se reflètent sur les débris. Le télescope prenait une photo toutes les 40 secondes.

ATLAS, qui signifie Asteroid Terrestrial-impact Last Alert System, n’était pas pointé sur cette région du ciel par hasard. Il fait partie d’un réseau de quatre télescopes à travers le monde qui observent le ciel à la recherche de nouveaux astéroïdes susceptibles d’entrer en collision avec la Terre.

Mais même pour ces experts de la chose, la taille du nuage de débris était une surprise, rapporte le New York Times: "nous ne nous attendions pas à voir sortir une aussi grosse colonne de poussière", explique l’astronome John Tonry, de l’université d’Hawaii, et co-directeur d’ATLAS. "En une heure, ce nuage était aussi gros que la Terre." Les astronomes s’attendent à ce que les débris mettent quelques semaines à retomber sur Dimorphos.

D’autres images arrivées d’autres télescopes de l’hémisphère Sud sont moins spectaculaires mais le simple fait d’avoir vu quelque chose, à cette distance, témoigne de la force de l’impact. Par exemple, un autre télescope sud-africain (South African Astronomical Observatory, ou SAAO) a capté le même éclat lumineux. Le projet italien Virtual Telescope a publié une séquence d’images similaire.

Source: SAAO

En direct de l’espace

Une série différente d’images est toutefois venue de l’espace et elle est, elle, directement liée à la mission DART. Il s’agit de la petite sonde italienne LICIACube, qui fait à peine la taille d’une boîte à chaussures, et dont la mission était de suivre DART. Son point de vue sur le nuage de débris est donc plus détaillé: ses photos le montrent asymétrique, ce qui pourrait s’expliquer par l’angle avec lequel DART s’est écrasé ou par la morphologie du sol.

4 images prises par LICIACube montrant un éjecta plus complexe. ASI / NASA

D’autres photos sont aussi venues de l’espace, mais plus près de la Terre: les télescopes James-Webb et Hubble. Ce n’était pas évident pour le premier, qui n’est pas conçu pour détecter des objets en mouvement. Mais dans son cas, il est possible que ses instruments permettent d’en apprendre plus sur la composition chimique de l’astéroïde.

Image dans l’infrarouge, prise 4 heures après l’impact. NASA / ESA / STSci

Quant à Hubble, il avait la malchance d’avoir la Terre entre Dimorphos et lui au moment de l’impact, mais il a pris des photos ensuite, montrant le nuage de débris en expansion.

Images dans l’ultraviolet prises respectivement 22 minutes, 5 heures et 8,2 heures après l’impact. NASA / ESA

En théorie, toutes ces données sur la colonne ou le panache de poussières devraient permettre d’en apprendre davantage sur la structure et la composition de Dimorphos. Mais ultimement, c’est l’impact qu'aura cette collision sur l’orbite de cette "lune" autour de son astéroïde -11 heures et 55 minutes pour l’instant- qui reste la raison d’être de la mission. Un changement, si petit soit-il, pourrait révéler quelle force serait nécessaire pour détourner de sa trajectoire vers nous un astéroïde -si jamais une telle opération s’avère un jour nécessaire.
Dernières actualités
La convergence en ce moment de trois virus offre une opportunité inédite à des chercheurs de...
Une équipe internationale de scientifiques révèle la complexité de l’évolution des...
Pour les microorganismes qui vivent dans le sol des forêts boréales, toutes les perturbations ne...
Une équipe internationale d’astrophysiciens dont certains du CNRS-INSU (voir encadré) a mesuré...
La physique peut servir à beaucoup de choses. Par exemple, déterminer l’angle par lequel le...
Les chauves-souris sont porteuses d’une multitude de virus, pathogènes pour la plupart des...
Les pérovskites hybrides forment une classe de semi-conducteurs très prometteuse pour la...
La disposition générale des visages est commune à de nombreuses espèces de vertébrés....
Le stress et la faim: ce sont deux des facteurs qui peuvent laisser une empreinte sur les gènes...
Les analogues du Glucagon like peptide 1 (GLP-1 A) font partie de l’arsenal pharmacologique pour...
Les matériaux magnétocaloriques (MMCs) sont des solides magnétiques dont la température change...
Le guidage cellulaire par des signaux chimiques ou physiques est essentiel à de nombreux processus...
Connu pour renvoyer des images époustouflantes vers la Terre, le télescope spatial James-Webb...
Quelle est la différence entre faire cuire de la nourriture et la brûler ? À 780 000 années de...
Mesurer la capacité de régénération des communautés de poissons de récifs coralliens est...
Y a-t-il un langage commun aux théories du complot, qui permettrait donc de les repérer ? C’est...
Secret de polichinelle: pour bien performer sur le plan cognitif, il faut bien dormir. Mais...
Si la majorité des Français a été vaccinée contre la Covid-19, les taux de vaccination varient...
Alors que ceux qui nient le réchauffement climatique les accusent encore d’être des...
Trois études conduites par un consortium mondial et publiées dans les revues Molecular...
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL
sous le numéro de dossier 1037632
Informations légales