Des scientifiques scrutent comment certains composés chimiques pourraient former un pont entre l'électronique traditionnelle et le fonctionnement cérébral. Une telle percée pourrait bouleverser notre conception des ordinateurs en les rapprochant des principes du vivant.
Une équipe de l'Institut indien des sciences a franchi une étape significative dans cette voie. Elle a mis au point des dispositifs moléculaires capables de modifier leur rôle électronique selon les stimulations reçues. Un chercheur impliqué explique que cette faculté d'adaptation reste rare parmi les matériaux électroniques conventionnels. Dans ce travail, la chimie et le calcul se rencontrent directement, ce qui ouvre la porte à de nouvelles fonctionnalités.
Configuration expérimentale d'un dispositif moléculaire adaptable.
Crédit: CeNSE, IISc
Cette flexibilité provient directement de la chimie employée. Les chercheurs ont synthétisé des complexes de ruthénium, où de légères altérations de forme ou de l'environnement ionique modifient le comportement des électrons, ce qui permet un usage en électronique. En ajustant les molécules, un seul et même dispositif peut engendrer des réponses distinctes.
L'adaptabilité de ces molécules permet de fusionner mémoire et calcul au sein d'un matériau unique. Cela ouvre la perspective de matériels neuromorphiques où l'apprentissage est directement inscrit dans la matière. On pourrait ainsi imaginer des puces d'intelligence artificielle moins gourmandes en énergie et dotées d'une forme d'intelligence intrinsèque.
Les chercheurs s'emploient désormais à intégrer ces matériaux sur des puces en silicium. L'ambition est de développer des systèmes informatiques futurs qui s'inspirent directement du cerveau. Comme le relève un co-auteur, la chimie endosse ici le rôle d'architecte du calcul, et ne se limite pas à celui de simple fournisseur.