Adrien - Mercredi 6 Mai 2026

💧 Ces simples graines se montrent très efficaces pour purifier l'eau des microplastiques

Une simple graine de plante pourrait-elle devenir un allié de poids contre les microplastiques dans l'eau ?

Des chercheurs brésiliens viennent de montrer que l'extrait de graines de moringa élimine ces particules aussi bien, et parfois mieux, que les traitements chimiques classiques. Le secret ? Une propriété naturelle surprenante: les protéines de moringa font s'agglomérer les microplastiques, ce qui permet de les retirer facilement par filtration.

Les microplastiques, ces minuscules fragments de plastique, sont une source de pollution grandissante. Ils traversent souvent les stations d'épuration et se retrouvent dans l'eau du robinet. Les méthodes actuelles utilisent des sels d'aluminium ou de fer pour les coaguler, mais ces produits ne sont pas biodégradables et peuvent laisser des résidus toxiques.


Image d'illustration Pixabay


La recherche de solutions plus durables a conduit les scientifiques à explorer des alternatives naturelles, comme les graines de moringa, déjà reconnues pour leurs propriétés purifiantes. Une étude publiée dans ACS Omega confirme leur efficacité contre les microplastiques.

Les chercheurs ont testé un extrait salin de graines de moringa. Ajouté à l'eau, il neutralise la charge négative des microplastiques, qui se repoussent normalement. Cela les force à former des amas plus gros, piégés ensuite par un filtre à sable. En laboratoire, l'extrait de moringa a égalé les performances du sulfate d'aluminium, et dans une eau plus alcaline, il l'a même surpassé.

Pour imiter les conditions réelles, l'équipe a ajouté des microplastiques de PVC à de l'eau du robinet et les a vieillis avec des rayons ultraviolets. Le PVC est particulièrement dangereux car il peut être mutagène et cancérigène. L'eau contaminée a été traitée dans un système Jar Test, simulant une station de traitement. Les mesures au microscope électronique ont montré que l'extrait de moringa éliminait autant de microplastiques que le sulfate d'aluminium, avec des amas de taille similaire.


Graine de moringa: l'extrait salin a produit la coagulation nécessaire pour filtrer les microplastiques.
Crédit: Adriano Reis/ICT-UNESP

L'étape suivante a consisté à tester la méthode sur l'eau de la rivière Paraíba do Sul, qui alimente São José dos Campos. Les premiers résultats montrent que l'extrait de moringa fonctionne aussi en conditions réelles, même avec des impuretés naturelles. Les chercheurs mettent en avant les préoccupations sanitaires liées aux coagulants à base d'aluminium, non biodégradables et toxiques. La moringa offre une alternative écologique et sans danger.

Pour les petites communautés et les zones rurales, cette méthode pourrait être à la fois économique et simple à mettre en œuvre. L'extrait peut être préparé à la maison sans matériel spécialisé. Bien que les grandes usines continuent d'utiliser des produits chimiques classiques, la moringa pourrait combler un besoin là où la durabilité et le faible coût sont prioritaires.


L'étude a été menée par des chercheurs de l'Université d'État de São Paulo, avec le soutien de la FAPESP. Ils continuent d'optimiser le procédé et d'explorer d'autres coagulants naturels. Les résultats indiquent que la moringa pourrait devenir un outil précieux dans la lutte contre les microplastiques, en particulier dans les régions où l'accès à un traitement avancé est limité. Des travaux supplémentaires sont nécessaires pour passer à l'échelle, mais les premières données sont encourageantes.
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