Adrien - Jeudi 9 Juillet 2026

💊 Automédication observée chez les orangs-outans avec des plantes médicinales

Des orangs-outans de Bornéo ne se contentent pas de fruits et de feuilles. Après vingt ans d'observations, des chercheurs ont découvert qu'ils consomment aussi des plantes aux propriétés médicinales, sans que celles-ci ne fassent partie de leur régime habituel.

Ce comportement évoque une forme d'automédication chez ces grands singes: les scientifiques parlent d'une sélection volontaire, bien distincte d'une simple ingestion accidentelle. Une aptitude qui pourrait changer notre vision de l'intelligence animale.


Image d'illustration Pixabay

L'équipe menée par Georgia Allen, de l'Université d'Exeter, a analysé des données de terrain collectées dans une forêt marécageuse de Bornéo. Les orangs-outans y consomment des plantes comme l'écorce d'arbre et des feuilles spécifiques, dont les extraits sont connus pour leurs effets antimicrobiens, anti-inflammatoires ou cicatrisants. Fait notable, ces végétaux ne représentent qu'une faible part de leur régime ordinaire. Les scientifiques y voient la preuve d'une recherche ciblée de bienfaits thérapeutiques.


Les chercheurs ont relevé des associations de plantes qui apparaissent bien plus souvent que le hasard ne le voudrait. Par exemple, certaines plantes sont systématiquement consommées ensemble, formant des combinaisons aux effets renforcés. Cela ressemble à une forme de pharmacopée animale, où les orangs-outans choisiraient des mélanges spécifiques pour traiter différents maux. Cette observation va au-delà d'une simple coïncidence et indique une intention. Les singes semblent connaître les propriétés des plantes qu'ils ingèrent.

Comment les orangs-outans acquièrent-ils cette connaissance ? Georgia Allen avance deux hypothèses: un instinct inné ou un apprentissage social. Les jeunes pourraient observer les adultes et reproduire leurs choix. Les deux mécanismes ne sont pas exclusifs et pourraient se combiner. Quoi qu'il en soit, cette capacité montre une forme d'intelligence adaptative chez ces grands singes.

Les chimpanzés sont déjà connus pour consommer des espèces réduisant leurs parasites internes. Des comportements similaires ont été observés chez les bonobos, les gibbons et les gorilles. Cette pratique semble donc répandue parmi les grands singes, ce qui indique des racines évolutives profondes. L'automédication animale serait ainsi un héritage ancestral partagé.

L'étude établit également un pont avec les connaissances des communautés locales. Plusieurs plantes consommées par les orangs-outans sont aussi utilisées par les peuples autochtones de Bornéo pour leurs propriétés médicinales.

En analysant les plantes que les orangs-outans sélectionnent, les scientifiques espèrent identifier de nouveaux composés naturels aux applications médicales. Les forêts tropicales recèlent une biodiversité chimique encore largement inexplorée.
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL
sous le numéro de dossier 1037632
Informations légales