Adrien - Lundi 2 Février 2026

💉 Un ancien vaccin contre le cancer, incompris à l'époque, montre une efficacité redoutable

Comment des patientes atteintes d'un cancer du sein avancé ont-elles pu survivre plus de vingt ans après un simple essai vaccinal ? Cette observation médicale a suscité la curiosité des scientifiques, qui ont décidé de réexaminer le cas de ces femmes. Leur survie exceptionnelle a mené à une investigation poussée pour décrypter les mécanismes immunitaires à l'œuvre.

Une équipe de l'université Duke a analysé le système immunitaire de ces anciennes participantes. Ils ont découvert que leur organisme conservait des cellules immunitaires capables de reconnaître les cellules cancéreuses après toutes ces années. Ces cellules présentaient un marqueur appelé CD27, associé à la mémoire immunitaire. Les données, publiées dans Science Immunology, indiquent que cibler ce marqueur pourrait notablement améliorer l'efficacité des vaccins contre le cancer.


Image d'illustration Pixabay


Pour évaluer cette hypothèse, l'équipe a utilisé un anticorps stimulant le CD27 avec un vaccin ciblant la protéine HER2, impliquée dans certains cancers du sein, sur des modèles murins. Près de 40 % des souris ayant reçu ce traitement combiné ont vu leurs tumeurs disparaître complètement, contre seulement 6 % avec le vaccin seul. Les chercheurs ont noté que l'anticorps renforçait l'activité d'un type particulier de cellules immunitaires.

Ces cellules, nommées CD4+ T, sont souvent mises de côté dans la recherche sur le cancer au profit des cellules CD8+ T, dites "tueuses". Pourtant, dans cette recherche, les cellules CD4+ semblent tenir un rôle principal. Elles contribuent à maintenir une mémoire immunitaire à long terme et assistent les autres défenses de l'organisme pour qu'elles opèrent plus efficacement contre les tumeurs.

L'introduction d'un second anticorps, conçu pour aider les cellules CD8+ T, a encore augmenté les taux de rejet des tumeurs chez les souris, atteignant presque 90 %. Les scientifiques précisent que l'anticorps ciblant le CD27 n'a besoin d'être administré qu'une seule fois, en même temps que le vaccin, pour générer un effet durable. Cette caractéristique pourrait simplifier son association avec d'autres traitements anticancéreux déjà employés.

Cette méthode pourrait ainsi offrir de nouveaux horizons pour les vaccins contre le cancer, dont les résultats ont parfois été modestes par le passé. En optimisant la mémoire immunitaire grâce à des cellules comme les CD4+ T, il devient envisageable de concevoir des stratégies thérapeutiques plus solides et durables. Les travaux se poursuivent pour examiner les applications potentielles chez l'humain.
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