Posté par Redbran le Dimanche 08/09/2019 à 14:00
Améliorer les capacités et l’efficacité des aéroports en modifiant les normes

© Techno-Science.net
Une initiative de l’UE a testé avec succès une nouvelle technique pour réduire les distances réglementaires entre les aéronefs sans réduire pour autant le niveau de sécurité.

Avez-vous peur de prendre l’avion et vous suffit-il d’entendre le mot «turbulence de sillage» pour avoir aussitôt la chair de poule? Les turbulences de sillage se produisent lorsqu’un aéronef génère en vol un double tourbillon contre-rotatif similaire à une tornade. Ce phénomène fait l’objet de nombreuses études. En effet, ces tourbillons peuvent provoquer de violents mouvements de tangage, voire même faire se retourner de petits avions quand un engin de grande dimension passe à proximité.

Pour minimiser ces dangers potentiels, les aéronefs de petite et moyenne dimension doivent maintenir une distance de sécurité d’environ 10 km par rapport à leurs homologues de grande taille quand ceux-ci les précèdent. Aux fins de déterminer de manière plus précise l’espacement de sécurité pour les turbulences de sillage, plusieurs facteurs ont été pris en compte, notamment le poids de l’aéronef, sa vitesse, sa forme et son envergure, ainsi que la rapidité avec laquelle l’effet de sillage s’affaiblit et disparait.

Soutenus par le projet PJ02 EARTH, financé par l’UE, des experts ont analysé l’efficacité d’une nouvelle technique dont l’objectif est de réduire la durée de vie des tourbillons de sillage au cours de l’approche d’atterrissage. Un communiqué de presse publié par le Centre allemand pour l’aéronautique et l’astronautique (DLR), partenaire du projet, souligne que: «Les chercheurs ont recours à une configuration en parallèle de platines d’ancrages, brevetée par le DLR, qui accélère la vitesse de disparition des turbulences de sillage. Un système de mesure laser (lidar) est utilisé pour enregistrer en détail le comportement des tourbillons de sillage pour ensuite les évaluer.»

Du site de test à l’aéroport

Suite au succès des expérimentations effectuées dans un bassin d’essai, des simulations de flux et des essais en vol préalables menés sur le site du DLR à Oberpfaffenhofen, l’impact positif des platines a également été démontré au cours de tests réalisés à l’aéroport de Vienne. Cité dans le même communiqué, Frank Holzäpfel, rattaché à l’institut de physique atmosphérique du DLR explique que: «Les toutes premières évaluations des nouvelles données de mesure collectées à Vienne montrent que les tourbillons de sillage s’affaiblissent de manière nettement plus rapide à proximité des platines également.» Et le communiqué ajoute: «Les partenaires prévoient de travailler sur les spécifications et l’installation d’une infrastructure permanente intégrant ces platines au cours des deux prochaines années.»

Christian Kern, qui travaille chez Austro Control, partenaire du projet, souligne que: «Les résultats initiaux sont très encourageants, et, si l’efficacité des lignes de platines est totalement confirmée, ce qui devrait être le cas, elles permettront à l’avenir d’améliorer la sécurité et la capacité de tous les aéroports.»

Le projet en cours PJ02 EARTH (Increased Runway and Airport Throughput) a été lancé dans l’objectif d’améliorer les infrastructures et d’augmenter le débit du trafic, tout en garantissant la sécurité et en préservant l’environnement. Il prend en compte plusieurs facteurs, comme les tourbillons de sillage et les conditions météorologiques pour différents niveaux de demande de trafic, la capacité des futurs aéronefs et les configurations des aéroports.

Étant donnée la forte corrélation entre les tourbillons de sillage, le taux d’occupation des pistes d’atterrissage, l’amélioration des procédures d’approche et l’espacement radar minimal, le projet prévoit d’apporter une séquence améliorée avec des distances entre engins réduites, ce qui permettra à terme d’optimiser le débit des pistes. Le projet PJ02 EARTH intervient à point nommé dans la mesure où la possibilité de réduire en toute sécurité les normes d’espacement entre les aéronefs pourrait permettre d’accroitre la capacité et l’efficacité, ce qui, à son tour, permettra de réduire les retards des vols. Il en découlera un gain de temps et des économies de combustible, et donc une réduction de l’impact carbone du secteur de l’aviation.

Le site web du projet souligne que: «Bien qu’aucun déploiement ne soit prévu avant 2025 pour la plupart des nouveaux concepts liés au projet, certains éléments ont néanmoins déjà franchi cette étape. Cela concerne notamment l’espacement en temps (TBS) à London Heathrow (LHR) et le système RECAT EU et la réduction des espacements de sillage à Paris Charles de Gaulle (CDG).» RECAT EU permet la recatégorisation des catégories de turbulence de sillage de l’Organisation de l’aviation civile internationale et de l’espacement minimum associé en ce qui concerne certains aéronefs.

Pour plus d’informations, veuillez consulter:
site web du projet PJ02 EARTH
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