Adrien - Jeudi 23 Avril 2026

🍷 L'alcool vous fait rougir ? Protégez votre cœur !

Le rougissement du visage qui apparaît parfois après un verre d'alcool, très fréquent chez les personnes d'origine est-asiatique, est bien plus qu'une simple gêne sociale. Cette réaction, appelée "flush asiatique", présente en effet un lien direct avec l'infarctus du myocarde.

Près de 40 % des individus est-asiatiques (Chinois, Japonais, Taïwanais et Coréens) sont porteurs d'une variation du gène ALDH2, responsable de cette intolérance à l'alcool engendrant un rougissement rapide et excessif du visage voire du corps entier. Cette mutation est aussi présente dans d'autres populations mais dans des proportions bien moindre.

Au-delà de ces effets visuels, cette mutation semble aussi influencer la manière dont le cœur réagit face à un stress aigu, tel qu'une crise cardiaque, où les dommages tissulaires s'avèrent importants.


Image d'illustration Unsplash


Une équipe de chercheurs, dirigée par le professeur Yin Huiyong, a décrit dans Circulation comment cette mutation active la ferroptose, un type spécifique de mort cellulaire. Ce processus accélère la dégradation des tissus cardiaques pendant un infarctus, fournissant ainsi une explication biologique aux observations cliniques. La ferroptose se caractérise par une accumulation de lipides et de fer, conduisant à la destruction rapide des cellules musculaires du cœur.

Une étude clinique incluant 177 patients chinois a confirmé que les porteurs de la mutation présentaient une fonction cardiaque plus faible après un infarctus. Les indicateurs de ferroptose, comme la réduction du coenzyme Q10, étaient plus élevés, ce qui indique une activité cellulaire délétère accrue. Ces résultats établissent une corrélation directe entre la variation génétique et l'aggravation des lésions cardiaques.

Des expériences sur des modèles animaux ont montré que l'inhibition de la ferroptose améliorait la récupération cardiaque après un infarctus. Cela ouvre la voie à l'adaptation de traitements existants. Les chercheurs ont employé des méthodes génétiques et pharmacologiques pour confirmer ces approches, avec des effets positifs sur la fonction cardiaque.
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